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De l’esclavage à la liberté forcée. Histoire des travailleurs africains engagés dans la Caraïbe française du XIXe siècle

MP3 - 186.6 Mo

mercredi 28 septembre 2016, par loldf

Le 30 mars 2016, on a diffusé des extraits de la conférence donnée par l’historienne Céline Flory et intitulée « De l’esclavage à la liberté forcée. Histoire des travailleurs africains engagés dans la Caraïbe française du XIXe siècle ». Cette conférence se tenait dans le cadre des ateliers de chercheur(e)s : Étudier les migrations internationales et les luttes contre les discriminations, en partenariat avec le laboratoire Migrations internationales : Espaces et Sociétés (MIGRINTER, UMR 6588 CNRS-université de Poitiers), le 28 janvier 2016 à Poitiers.

Retrouvez l’intégralité de la conférence ici : http://emf.fr/22544/de-lesclavage-a-la-liberte-forcee-histoire-des-travailleurs-africains-engages-dans-la-caraibe-francaise-du-xixeme-siecle/

Présentation du livre de Céline Flory, De l’esclavage à la liberté forcée. Histoire des travailleurs africains engagés dans la Caraïbe française au XIXème siècle (Karthala, Paris, 2015) :

« Entre 1854 et 1862, plus de 18 500 hommes, femmes et enfants originaires du continent africain, furent amenés en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique. Afin d’y circonscrire les changements de l’abolition de l’esclavage de 1848, le gouvernement français a mis en place l’immigration de travailleurs sous contrat d’engagement de travail en provenance de Madère, d’Inde, de Chine mais aussi d’Afrique. L’engagisme succédait alors à l’esclavagisme. Dans ces migrations de travail, l’engagisme des Africains occupe une place singulière puisque 93% d’entre eux furent recrutés selon le procédé dit du « rachat préalable ». Captifs, ils étaient achetés par les recruteurs français qui leur imposaient un contrat d’engagement de travail, sur lequel ces « engagés » figuraient en tant que « noirs libres ». Cette étrange liberté leur imposait une traversée de l’Atlantique pour un voyage qui s’avérerait sans retour, sinon pour une infime partie des 7% d’entre eux partis librement. Céline Flory a exploré de nombreuses archives, souvent inédites, afin de retracer cet épisode mal connu de l’histoire des premiers temps du colonialisme post esclavagiste. Elle l’insère dans celle plus large des politiques impériales destinées à relever le défi de besoins persistants en main-d’œuvre, alors que les « nouveaux libres » des colonies entendaient jouir de leur nouveau statut. L’auteur s’attache d’abord aux acteurs qui modèlent la nouvelle politique et analyse leurs ruses et leurs discours. Pas à pas, elle accompagne ensuite ces milliers de migrantes et migrants africains dans leur voyage jusqu’à leur arrivée en Amérique, puis dans leur quête d’une vie à bâtir. Au croisement de l’histoire impériale et de l’histoire sociale, ce livre montre comment un système de domination s’est perpétué selon de nouvelles modalités une fois l’esclavage aboli ; tout en mettant en évidence la force des êtres humains à déjouer le nouveau système et à exploiter ses failles pour construire des espaces d’indépendance, voire de liberté. »

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